LE MATIN

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Le matin, nous ouvrirons la journée par de la pratique collective, pour l’ancrer dans nos corps et nos cœurs, avant de faire davantage appel à la tête.

Suivra un format de « non-conférence », c’est à dire une processus d’intelligence collective, à la rencontre des témoignages d’intervenants et des réflexions et contributions des autres participants (vous ;-)).

Les thèmes de ce processus seront : « Liens entre chemins intérieurs et transformation sociétale ; reliances personnelle, relationnelle et au vivant, pratiques écothérapeutiques. »

Les intervenants seront : Jean-Pascal van Ypersele, Emeline de Bouver, Helena ter Ellen, Jean-Luc Deconinck, Charlotte Luyckx, Jean-Pierre Ledanff.

Intervenants

Jean-Luc Deconinck

Psychologue clinicien UCL, Psychanalyste intégratif formé à différentes  « façons d’être » , Formateur EEPSSA, Président de l’ABS. L’épanouissement personnel relève d’un alliage de thérapies conjointes.

Présentation du sujet en 4 mots clés et 20 lignes
Mots clés : Sens, Réel, Symbolique, Intégration.
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  • Le capitalisme nous a appris à exploiter le fait que chacun aurait besoin de l’autre : dépendance et non-reconnaissance des besoins, plutôt que de faire grandir l’humain : autonomie.
  • L’écologie fait peur: elle serait à gauche.

Les écoloses sont complexes et suivent les variations des sentiments et des désirs humains.

La terre dégage aussi une étrangeté inquiétante. C’est précisément la raison pour laquelle elle suscite notre étonnement.

  • S’y opère un glissement d’un discours et de symptômes axés sur l’apparence, vers un discours de quête de sens. L’important est le sens du respect, d’abord pour soi-même, c’est déjà beaucoup.

Seuls peuvent compter alors la paix de l’âme et la responsabilité de sa santé.

  • La médiation d’un thérapeute peut alors faire apparaître le Réel : sous différents aspects : utilisation de couleurs ouvertes à la lumière, créations de rythme, de nouvelles valeurs…

Le patient peut y trouver une matrice de ses sens : par exemple : la peau, ouvre à l’humain des dimensions singulières du Réel que l’on ne saurait isoler les unes des autres, et nourrit les autres sensorialités qu’elle englobe sur sa toile.

La peau est alors comme une écriture autre que des rythmes houleux.

  • La fonction symbolique est également conviée par le thérapeute : mots qui  construisent, permettant de renoncer à la toute-puissance, à l’immédiateté et à l’angoisse.
  • Le travail y sera également intégration des dimensions physiques, émotionnelles et sociales.

Une alternative pour le réchauffement climatique.

Emeline de Bouver & Charlotte Luyckx

portrait CharlotteCharlotte Luyckx est docteure en philosophie, mariée, mère de trois enfants, artiste à ses heures (arts plastiques, mosaïque et infographie). Elle s’intéresse aux enjeux philosophiques de l’écologie dans la recherche d’une vision intégrale, alliant écologie conçue comme reliance à Soi et à la nature et écologie conçue comme rapport de force sur le plan politique.

emeline-de-bouverEmeline De Bouver est docteure en sociologie, mariée, mère de deux enfants, maître de conf. à l’UCL, écrivain. À partir d’un travail de terrain avec les simplicitaires, les Sans-Terre (en Inde) et les coachs alternatifs, ses recherches se sont progressivement orientées vers l’analyse du type particulier de militance, existentielle et politique, qui transparaît des mouvements analysés.

Charlotte et Emeline feront une intervention conjointe, en vue de mettre en avant la complémentarité de leurs réflexions.

Transformation intérieure et transformation sociale : les deux pôles de l’écologie intégrale.

Mots clés : Reliance, Nature, écologie intégrale, militantisme existentiel, transformation de Soi.

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La modernité nous a coincés dans un mode de pensée dual qui nous amène à voir le monde au travers d’oppositions: entre l’humain et la nature, entre la raison et les sentiments, entre le spirituel et le matériel, entre l’engagement dans le monde et la recherche intérieure de sagesse et de guérison. Le domaine de l’écologie est lui aussi traversé par ces tensions et lignes de fractures. Comment combiner une l’écologie intérieure, visant une transformation de notre rapport vécu à la nature, et une écologie extérieure, prenant la forme des luttes contre la pollution ou de la mise en place de politiques environnementale ? Notre carte blanche part de ces questionnements pour esquisser les conditions de possibilité d’une écologie intégrale. Celle-ci suppose en effet cette articulation entre des logiques dans certains cas contradictoires et auto-excluantes. L’approche intégrale de l’écologie que nous défendons nous oblige à repenser le militantisme pour envisager une forme d’engagement qui ne brade ni la nécessité d’un engagement social et politique fort, ni la nécessité, pour ce faire, d’une transformation intérieure. Nous défendrons l’idée que l’engagement pour une écologie intégrale doit s’ancrer dans une démarche de « reliance », concept clé pour dépasser les dualismes sans forcément régresser à l’âge des cavernes. Cette re-liance nous interpelle inévitablement dans notre représentation de l’autonomie, de la nature, de l’accomplissement personnel, dans notre quête de justice et notre volonté d’agir et/ou de non-agir.

Jean-Pascal van Ypersele (@JPvanYpersele)1

Portrait du professeur Jean-Pascal van Ypersele de Strihou (UCL /ASTR) rŽalisŽ ˆ Bruxelles en juillet 2008 par le photographe Jacky Delorme

Photo J. Delorme (UCL)

Co-auteur de « Une vie au cœur des turbulences climatiques » (De Boeck) ; Professeur de climatologie et co-responsable du Master interdisciplinaire en sciences et gestion de l’environnement à l’UCL ; Ancien Vice-président du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)2

Les changements climatiques, l’humanité et le courage du citoyen
Mots clés : Science et conscience, interdépendance, urgence, solidarité, cœur, courage

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A part quelques combattants d’arrière-garde, tout le monde a compris que les activités humaines, via le déboisement et la consommation de charbon, pétrole et gaz naturel, perturbent gravement le climat en le réchauffant. La compréhension des concepts scientifiques de base qui sont en jeu est essentielle pour fonder l’action. Mais elle ne suffit pas. Il faut aussi comprendre à quel point le maintien de l’habitabilité de notre planète pour l’espèce humaine est lié à l’interdépendance entre les différents écosystèmes et les populations qui en sont proches. La situation est grave. Le risque de découragement de ceux qui en ont conscience est grand. Seule la solidarité de l’espèce humaine parviendra à faire reculer le risque d’effondrement. De plus en plus de personnes seront touchées dans leur cœur et comprendront profondément l’urgence d’agir. Elles en trouveront alors le courage.

1 Centre de recherche sur la Terre et le climat Georges Lemaître, Université catholique de Louvain, Place Louis Pasteur 3, L4.03.08, Bâtiment Mercator, B-1348 Louvain-la-Neuve. Site web : www.climate.be/vanyp ; Courriel : vanyp@climate.be .
2 Les opinions exprimées ici n’engagent que l’auteur. Site du GIEC : www.ipcc.ch.

 

Photo Helena Ter EllenHelena ter Ellen

Traductrice et activiste altermondialiste. Si elle a étudié les langues, la politique internationale et la communication interculturelle, c’est surtout par un besoin d’être à l’écoute du monde et d’aller sur le terrain. Elle travaille avec des réfugiés aux Pays-Bas et part pour des missions pour la paix en Palestine et en Colombie. Parallèlement à sa formation en coaching psychoénergétique chez Timotheus, l’heureuse rencontre avec Joanna Macy et « Le Travail qui Relie » lui fait découvrir une méthodologie précieuse et complémentaire pour faire expérimenter que « nous sommes la Terre vivante ». Elle a entrepris la traduction vers le néerlandais du livre de référence des ateliers de J. Macy : « Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre – retrouver un lien vivant avec la Nature».

L’urgence du Temps Profond ;  La souffrance du monde

Mots clés : Temps profond, ancêtres, peine, guérison

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L’urgence du Temps Profond

Tout au long de l’histoire des hommes et des femmes – nos ancêtres – se sont engagés pour des causes plus grandes qu’eux, et ont œuvré pour léguer à des générations futures des monuments d’art, de sagesse… à un coût personnel élevé…

Aujourd’hui notre relation au temps est surexcitée et tronquée, avec une dépendance de résultats immédiats et mesurables. Nous nous sommes enfermés dans « l’ici et maintenant », en oubliant « l’éternel et l’ailleurs ». Savons-nous encore apprécier les dons de nos ancêtres (humains et autres-que-humains)? Pouvons-nous encore entendre les revendications tacites de nos arrière-petits enfants, du Vivant lui-même? Pour réaliser la transition vers une société qui soutient la vie, nous devrons à nouveau agir comme les ancêtres que nous sommes!

La souffrance du monde

La Terre est un organisme vivant dont nous faisons partie. Comme les cellules vivantes de ce grand corps, nous pouvons sentir « la Terre crier en nous ». Notre psyché n’est pas confinée à la profondeur intérieure de nos vies – elle est touchée et influencée par ce qui se passe avec notre Terre. Notre expérience personnelle de perte, de peine, est maintenant inextricablement tissée avec des récifs coralliens mourants, des abeilles intoxiquées, des capes polaires fondantes, des peuples premiers en voie de disparition, des langues réduites au silence, les limites de la démocratie et l’effondrement de nos civilisations…Le personnel et le planétaire sont inséparables, comme l’est notre guérison. L’expérience de perte nous relie dans une alchimie puissante, et confirme l’intimité de notre cœur avec toute chose vivante.

Jean-Pierre Le Danff

jean-pierre-ledanffEcothérapeute et consultant en écopsychologie. Il est également psycho-praticien, formé à la Gestalt et, par ailleurs, intervenant en Thérapie sociale (Institut Charles Rojzman). Il a été formé à l’écopsychologie au Schumacher collège (Devon, R-U) et dans le Natural Change Project (Doune, Knoydart, Ecosse). Jean-Pierre a été beaucoup influencé par les pensées et approches de J. Khrisnamurti, E. Tolle, H. D. Thoreau et D. Bohm ; et plus récemment, par J. Onimus. Il est installé en Bretagne, dans le Morbihan. 

Mots clés  : nature, émerveillement, conscience, relié, sens

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J’ai un assez long parcours en écopsychologie qui a commencé avant même que je n’en connaisse le terme : ce fut avec la découverte du premier ouvrage de François Terrasson, « La peur de la nature ». François est devenu un ami ; il nous a quitté – bien trop tôt – il y a exactement 10 ans. C’était donc en 1988 ; date de l’édition de cet ouvrage que j’ai entamé ce voyage en écopsychologie.

Depuis, ma vision de l’écopsychologie a bien entendu évolué. Aujourd’hui, le coeur et l’objectif ultime de l’écopsychologie c’est pour moi : réveiller et développer notre faculté à l’émerveillement devant la nature, si nous savons y être présents ;  et c’est la réactivation, chez le plus grand nombre possible de nos congénères, de cette faculté à s’émerveiller devant la nature qui seule, in fine, – c’est ma conviction – nous évitera le gouffre vers lequel nous nous précipitons.

Vieux baroudeur des milieux environnementaux officiels ou associatifs, je ne crois plus aujourd’hui un seul instant que des conventions internationales ni que des partis politiques ou que des textes environnementaux nationaux puissent nous éviter la catastrophe écologique annoncée.

Parce que leurs objectifs environnementaux respectifs sont pratiquement toujours très en dessous des nécessités écologiques. Ils se réduisent, pour l’essentiel, à l’expression d’une bonne conscience environnementale par la conception et la mise en œuvre de mesurettes ; la réalité écologique impose de faire bien plus et bien mieux ; c’est-à-dire, tout simplement, de faire ce qu’il est nécessaire de faire. Or, faire ce qu’il est nécessaire de faire suppose des tels changements culturels, politiques, économiques et individuels que très peu de personnes n’y semblent encore disposées.

Je ne crois pas davantage à la science ni à la technologie comme recours pour la résolution de ces immenses problèmes. En premier lieu, parce qu’elles interviennent, la plupart du temps, après les désordres environnementaux, pour tenter (ou prétendre tenter) de les réparer… tout en générant elles-mêmes, bien souvent, de nouveaux désordres. Ensuite, parce que compter sur elles pour nous en sortir, n’est-ce pas une manière de nous déresponsabiliser en posant les problèmes et leur résolution à l’extérieur de nous ? Alors que, comme le dit si bien David Orr , les désordres environnementaux actuels ne sont que les reflets de nos désordres intérieurs.

Car, en général, ces domaines ne sont pas suffisamment habités de conscience. Et cette conscience préalable est, pour moi, d’une part, conscience de « l’incommensurable beauté de la nature » (Franck Terreaux) ; d’autre part, conscience de notre totale interdépendance avec elle ; enfin, conscience de l’état d’urgence écologique dans laquelle nous nous trouvons et qui semble si peu partagée.

A cette époque de crise écologique majeure, l’écopsychologie a donc un rôle fondamental à jouer. En premier lieu, pour nous aider à identifier et comprendre les désordres psychologiques qui sont à l’œuvre chez nous, êtres humains, dans ce processus autodestructeur en cours.  Conséquemment, pour contribuer à les amener à la conscience du plus grand nombre.

En second lieu, pour nous aider à retrouver cette capacité d’émerveillement que nous avions probablement tous dans notre enfance. Là, je n’hésiterai pas à écrire que, avec la poésie, l’écopsychologie a un rôle essentiel à jouer (au sens de voir l’essence des problèmes et l’essence de la nature). Car, ultimement, seul, à mes yeux, l’émerveillement, c’est-à-dire la sensibilité poétique telle que Jean Onimus la présente si remarquablement dans son ouvrage « Essais sur l’émerveillement », sera à même de nous amener, enfin, à vraiment respecter la nature et à l’utiliser dans les limites de ses capacités de renouvellement.